Winter isn't officially here yet however it's time to winterize your curls!  Follow these steps to ensure a healthy head of lovely curls all winter long.
Winterize Your Curls
 
 
J’ai commencé à me battre avec ma chevelure dès ma naissance. Lorsque j'avais quatre ans, mes cheveux étaient rêches, épais et abondants. C'est alors qu'ils ont été lissés pour la première fois. Je rendais visite à la famille élargie et j'ai su qu'on discutait de ma chevelure. Une de mes tantes s'était donné la mission de raidir mes cheveux à l'aide d'un peigne en fer très chaud, mais elle m’a aussi brûlé le bras par la même occasion. La cicatrice est encore visible aujourd'hui.

Chaque semaine, ma mère lavait ma chevelure, appliquait une pommade et tressait mes cheveux. Mes camarades de classe disaient que ma chevelure avait fière allure, mais je n'étais jamais satisfaite du résultat. Je voulais que mes cheveux volent au vent lorsque je sautillais dans la cour d'école, comme le faisaient ceux de mes amis. Par chance, j'adorais Jem et les hologrammes. Shana avait des cheveux frisés mauves qui ressemblaient aux miens. Je me disais donc que ma chevelure n'était pas si terrible après tout.

Ma famille, par contre, me ramenait brusquement à la réalité. J'entendais sans cesse dire que mes cheveux étaient trop courts, qu'ils étaient moins « gracieux » que ceux des autres filles de race noire qui avaient mon âge et qui habitaient aux États-Unis, etc. Mes cheveux ont donc été coupés très court lorsque j'étais préadolescente, si court en fait qu'ils mesuraient à peine quelques centimètres. J'ai ensuite adopté la coupe de cheveux jheri curl à 12 ans. Je n'avais même pas le droit de toucher à mes propres cheveux. Pour revigorer ma coupe jheri curl, je devais appliquer sur mes cheveux un cocktail de produits chimiques que je préparais en mélangeant des crèmes, de la pommade et de la gelée coiffante. 

À l’adolescence, mes cheveux cassaient facilement, même s'ils étaient très courts, et d'importantes mèches se détachaient régulièrement. Lorsque j'ai réalisé que mes cheveux ne seraient jamais « gracieux » naturellement, je me suis tourné vers les extensions capillaires synthétiques. Pendant le secondaire, le collège et l'université, ma tête était couverte de tresses courtes, longues, blondes, bourgogne et noires. En fait, c'était devenu ma marque de commerce. Tout le monde savait qui était Althea : elle avait des lunettes et des extensions capillaires. Lorsque mes tresses étaient défaites, j'étais tout simplement méconnaissable. Les gens me demandaient comment je m'y prenais pour faire allonger mes cheveux de 60 centimètres en moins de 48 heures. Ces derniers croyaient que les extensions que j'employais étaient en fait du crin de cheval. Les garçons que je fréquentais étaient visiblement mal à l'aise lorsqu'ils passaient leurs doigts dans mes cheveux. Ils avaient l'impression de flatter une poupée.

En 2000, j'ai obtenu mon diplôme universitaire. C'est à ce moment que j'ai décidé que l'époque des extensions capillaires était révolue. Au moment de faire le saut dans le monde du travail, mes cheveux étaient très longs et j'ai décidé de les lisser. J'avais encore en tête cette phrase qui m'a été dite lors de la cérémonie de remise de mon diplôme : « Aucun employeur ne t'embauchera si tes cheveux sont bleus ».

Devinez quoi? Mes cheveux se sont mis à tomber après que je les ai eu lissés! J'ai donc opté pour une coupe à la Halle Berry. J'avais beau essayer tous les produits qui existaient, je n'arrivais tout simplement pas à me coiffer de façon satisfaisante. À ce moment, je n'avais pas les moyens de faire tresser mes cheveux. J'ai donc choisi une allure naturelle. Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie libérée. J'étais enfin moi-même. Je n'avais plus à m'enduire d'African Gold couleur no 2. J'étais fière de ma chevelure et j'ai savouré chaque instant de cette période. Vous pouvez me croire sur parole!

Donc, je cherchais du travail. Vous me voyez venir, n'est-ce pas? J'ai renoué avec les tresses, ce qui m’a permis de décrocher tour à tour des emplois prestigieux. 

Pendant toutes ces années, j'ai essayé un nombre incalculable de produits de soin capillaire censés rendre mes cheveux plus « gracieux ». Je les ai lavés avec du shampooing pour chevaux. J'ai appliqué une pommade nutritive de marque African Gold sur mon cuir chevelu (miam-miam!). J'ai effectué mes mises en plis en trempant mes bigoudis dans l'eau bouillante. J'ai parcouru différents quartiers de Toronto, où j'habitais à ce moment, à la recherche de cheveux synthétiques. J'ai même demandé à des amis de m'acheter du shampooing et du revitalisant Pantene Pro-V de la collection Relaxed & Natural pendant leurs vacances en Floride. Quelle aventure!

Mes cheveux ont continué de croître, mais ce n'est qu'en 2006 que j'ai réalisé à quel point les tresses avaient endommagé ma chevelure. Les colorants et les produits synthétiques que j'ai utilisés pendant toutes ces années ont terni mes cheveux. Mes pointes étaient abîmées sur une longueur de 8 cm. J’ai dû les couper de 3 cm à la fois pour sauver ma chevelure.

À la fin de 2006, je n'en pouvais plus d'être l'esclave de mes cheveux. J'avais déjà dépensé plusieurs centaines de dollars que j'avais durement gagnés pour prendre soin de ma chevelure. J'en avais assez. J'avais entendu parler d'un autre type de produit, un relaxant capillaire, et j'avais envie de l'essayer. Au début, j'étais réticente à l'idée d'appliquer une fois de plus des produits chimiques sur mes cheveux, mais on m'a dit qu'ils repousseraient. Et c'est ce qui est arrivé. Pour la seconde fois de ma vie, j'ai éprouvé le même sentiment de liberté qui m'avait envahi quelques années auparavant et ce sentiment ne s'est jamais estompé depuis. Mes amis et les membres de ma famille disaient s'ennuyer de mes éternelles tresses, mais cela ne m'a pas impressionnée. Ma famille était convaincue que je ne percerais jamais dans le monde des affaires jusqu'à ce que j'obtienne un poste au siège social d'une entreprise multinationale. 

Quand j'y pense, je me rends compte que je n'ai jamais vraiment su comment prendre soin de mes cheveux. Les seuls renseignements « fiables » dont je disposais, c'étaient ceux que m'avaient transmis les « professionnels » que j'avais côtoyés dans les salons de coiffure au fil des années. Pommade, lavage, lissage. Oublie les cheveux frisés! Ceux-ci étaient à proscrire à tout prix. À l'heure actuelle, j'ai la chance de pouvoir compter sur un coiffeur montréalais formidable, qui est un don de dieu. Aujourd'hui, mes cheveux tombent environ à la hauteur de ma nuque; ils n'ont jamais été si longs de toute ma vie!

L'histoire ne s'arrête pas là. Il y a fort longtemps que je préfère utiliser des produits naturels pour prendre soin de mon corps et pour me détendre dans le bain. Lorsque j'ai commencé à lire la liste des ingrédients d'un grand nombre de produits pour le soin des cheveux frisés qui sont offerts sur le marché, j'ai réalisé que je n'étais même pas en mesure de prononcer leurs noms correctement. Je me suis donc tourné vers Google pour vérifier s'il existait des produits naturels conçus spécialement pour le soin des cheveux frisés et j'ai alors découvert une multitude de trouvailles étonnantes! Comme vous vous en doutez, la majorité de ces produits sont offerts seulement aux États-Unis ou de l'autre côté de l'Atlantique. 

Le 28 juillet 2011, j'ai décidé de cesser l'application du relaxant capillaire sur mes cheveux en vue de mon mariage. Mon fiancé adore mes cheveux et il est sans aucun doute mon plus grand admirateur. J'espère que mon histoire sera pour vous une source d'inspiration qui vous permettra d'éviter certains obstacles que j'ai rencontrés et de surmonter ceux qui se trouveront sur votre chemin. Au bout du compte, j'ai appris à aimer qui je suis, au naturel, et à aimer mes cheveux frisés, comme ils sont.